Jacques Imbert-Colomès, recherches historiques et généalogiques par Florance Suppot

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du temps de son grand-père ...

 

le domaine Imbert-Boucharlat en 1694 à MIONS

 le notaire Verdat de Mions dresse les comptes entre Jean Imbert et Grossat, nouveau granger du domaine

2 boeufs, 4 vaches, 2 mules, ... bichets de seigle, d'avoine, de bled froment ...

la pratique du grangeage

histoire de la soie

 

extrait du livre de Bernadette RAMILLER (2010) Chroniques de Feyzin Tome II du laboureur au pétrochimiste, métiers et vie économique

 

en 1737, dans le contrat d'apprentissage de Blaise Masson, chez le Sieur Claude Richerme "maistre tailleur d'habits tant pour hommes que pour femmes à Saint Symphorien d'Ozon" on apprend que

 

le Sieur Jean Imbert, marchand bourgeois dans la ville de Lyon

 

"étant mû de charité pour Blaise Masson fils de feu François Masson, laboureur de Mions, qui est estropié depuis sa naissance, ne pouvant marcher qu'avec des béquilles, pour lui donner les moyens de gagner de sa vie et éviter qu'il ne soit un jour réduit à la mendicité, de gré il a mis ledit Masson cy-présent en apprentissage"

 

C'est Imbert qui paye les 120 livres + 12 livres d'étrennes pour trois ans.

ADR 3 E 2118

Merci à Renée Pellegrini d'avoir relevé ce passage

Jacques IMBERT-COLOMES

( 1729 - 1808 )

premier échevin et commandant de la ville de Lyon en 1789   

extraits délibération corps municipaux ville de Lyon 1787 - 1790

 

être échevin à Lyon

propriétaire d’une magnanerie à Mions

 

son maître jardinier à Mions en 1788

 

les employés de Mme Imbert :

* 9/12/1771 décès de Pierre Beloud 26 ans natif de Valencin, domestique chez Mme Imbert

* 6/10/1773 décès de Louis Gounard environ 22 ans natif de ville nouvelle diocèse de Vienne en service chez Mme Imbert

  cliquez sur l'image pour agrandir

présentation lors de la 3ème biennale de généalogie mise en scène par le Cercle de Généalogie de Mions

novembre 2008

D'azur, au croissant d'argent, surmonté d'un soleil d'or

 

Quand l'épouse de Jacques Imbert-Colomès écrit à son cousin Pierre Roustain, elle évoque parfois la vie quotidienne de la famille Imbert-Colomes à Mions ...

  octobre 1768

     1765 mai 1770

juin 1770

 

MAJ JANVIER 2017 arbre généalogique Colomès - Roustain

publication avec l'aimable autorisation de Mr Francois Biju-Duval que nous remercions de partager avec nous cette correspondance, ainsi que l'arbre généalogique Colomès-Roustain.

Une lettre de mai 1770 nous apprend que doivent éclore 20 on (=once) de graines ou vers à soie. Preuve formelle de l'industrie du ver à soie à Mions ; 1 once = 25 g ; 20 onces = 500 g. Sachant que le poids d'un œuf de ver à soie est d'environ 0.5 mg, c'est donc environ de 1 million de vers à soie qu'Imbert-Colomès tentait d'élever à Mions. Autre incidence : il faut environ 1 tonne de feuilles de mûrier pour élever 1 once de graines. Comme on ne peut récolter que 50 kgs de feuilles sur 1  mûrier, il fallait donc récolter les feuilles sur au moins 400 mûriers ...                                                     

Merci à André MOIROUD (Mémoire Miolande) pour ces calculs ...

découvrez l'histoire de la soie

                                    

Jacques Imbert-Colomès naquit le 3 Novembre 1729 à Lyon.

Après des études au Grand Collège (entre les courtines du Rhône et les rues Neuves, Gentil et du Pas-Etroit) où les jésuites sont chargés de l’enseignement ; toute sa vie durant,  il aima les sciences, la minéralogie et la botanique : il se créa un laboratoire de chimie, s’occupa de physique et fit des collections d’histoire naturelle (herbiers). Il collectionna aussi objets d’art et tableaux.

Il travaille à la « maison IMBERT » rue Ste Catherine (deux immeubles contigus au n°8 et 9 devenus 7 et 9) ; Le but de la société est « d’exercer à Lyon, le commerce tant pour la fabrication des étoffes de soit que pour toute branche de commerce et opérations de banque ». Le personnel est composé d’ourdisseuses, de commis et de domestiques.

 

Son père et son frère ainé sont au bureau alors que Jacques a pour mission de porter le travail aux canuts et d’effectuer des voyages pour la maison.

 

Après la mort de son père, il est en possession d’une fortune qui « l’autorise » en 1764, à 35 ans, à épouser Catherine-Victoire COLOMES qui est âgée de 16 ans.

 

(((la famille de Catherine-Victoire : Jean-Pierre de COLOMES (famille originaire de Toulouse) marié à Catherine BRUYSET (famille de maîtres imprimeurs issus de Morestel))))

 

Les 2 familles se connaissent par le mariage 14 ans plus tôt d’un cousin germain de Jacques, Blaise des FOURS de GRANGE-BLANCHE avec Fleurie du TREÜL, cousine germaine de Catherine-Victoire.

En 1778, il est nommé juge assesseur à la Conservation ; il siège régulièrement au parquet de cette juridiction.

A la mort de son frère ainé en 1779, Jacques dirigea seul la « maison IMBERT »

 

NOMME PREMIER ECHEVIN

 

En 1786, il est recteur de l’Hôpital Général de la Charité mais aussi Homme du Roi à la Convention des Privilèges Royaux des Foires de Lyon et Administrateur de l’Ecole Royale académique de dessin et de géométrie ainsi qu’Administrateur du quartier des Terreaux, sans oublier Administrateur du Bureau des Mères Nourrices.

Il semblerait que ce soit plus par devoir  (par rapport à sa position dans le haut commerce) que par ambition qu’il ait accédé à toutes ces fonctions. 

C’est sous le nom d’IMBERT-COLOMES qu’il est nommé le 21 Décembre 1787, 3ème échevin de la ville de Lyon puis premier (Premier Echevin Commandant de la Place de Lyon) à la Saint-Thomas en 1788 pour l’année 1789. Au dessus du Premier Echevin, il n’y avait que le Roi.

Jacques IMBERT-COLOMES s’emploie à assurer la subsistance de la population : il manque de matières premières ; la misère s’installe en nombre : le blé monte à 60 Livres l’ânée (128 Kgs). L’hiver 1788 de fortes gelées avaient arrêtées de nombreux moulins.

Par intérim, il exerça les fonctions de Commandant de la ville de Lyon (chef militaire) d’Avril 1789 à Février 1790 : de ce fait, il réprima les désordres des brigands ; il envoya des dragons arrêter les brigandages à Meyzieu et réprimer la révolte paysanne de la grande peur en Bas-Dauphiné.

Février 1790 : c’est l’émeute, la foule s’empara de l’Arsenal (où se trouvent les réserves d’armes) et arriva à l’hôtel de ville où Jacques IMBERT-COLOMES fut pris à partie : le peuple hurlait à grands cris qu’il fallait le lanterner. Sa maison fut pillée, les bibelots brisés … on le chercha … Il partit alors pour Bourg en Bresse après avoir rédigé sa démission.

 

pillage arsenal - Lyon 1790

 

CONTRE-REVOLUTIONNAIRE déterminé, il participa aux complots royalistes jusqu’en 1793 avant d’émigrer en Russie (d’abord caché à Annonay puis à Loriol) avec POIDEBARD, curé de Mions, qui refusa de prêter serment à la Constitution.

En Russie, Imbert-Colomès fréquente la cour brillante de Catherine II et prépare son retour en France.

LIEN COLOMES – POIDEBARD

Le père de Catherine Victoire COLOMèS épouse de Jacques IMBERT : Jean-Pierre de COLOMèS, chevalier, assiste le 21 janvier 1747, dans la paroisse ST NIZIER de Lyon au mariage d’une fille de feu Claude MONTUCLA, en présence de noble Jean Etienne MONTUCLA, avocat au parlement de Toulouse.

 

Suspecté puis dénoncé par les sociétés populaires, fin décembre 1790, il quitte Lyon pour se rendre à Bourg où il est protégé un temps par Necker.

En Août 1792, le parti de Chalier qui a triomphé à Lyon, réintègre Imbert-Colomès qui rentre à Lyon le 19 Août. Mais à la fin de ce même mois, la chasse aux « malveillants » recommence.

Le 9 septembre 1792, l’effigie d’Imbert-Colomès est brûlée au Champ de Mars. Sa vie errante commence véritablement.

Après le siège de Lyon qui se termina le 9 octobre 1793 par un massacre et une fuite des assiégés, la tête d’Imbert-Colomès est mise à prix.

En mai 1795 , il est « réintégré » avec 73 « modérés » par un décret de la Convention.

La constitution en 1795 avait confié le pouvoir législatif à 2 conseils : Anciens et Cinq-Cents ; les électeurs du département du Rhône l’élise, au renouvellement de 1797. Pourtant ce n’est qu’un mois plus tard qu’une loi du 18 juin 1797 légalise sa présence sur le sol français !

Il est définitivement banni de la République quelques mois plus tard, après la tentative de coup d’état royaliste de Pichegru pour laquelle il risque à nouveau la mort.

 

SES BIENS

Le 11 Novembre 1793, ses biens sont mis sous séquestre avant la levée de séquestre le 18 Juin 1797.

Ses biens, son cabinet d’histoire naturelle, ses tableaux … sont dispersés.

 

FIN DE VIE

En 1807, devant l’avancée des troupes napoléoniennes, Jacques IMBERT-COLOMES passe en Angleterre et s’installe à Bathwick sur l’Avon (Comté de Somerset), attendant de pouvoir se présenter devant son roi, Louis XVIII installé par le Duc de Buckingham, dans le nord du comté d’Essex, avec sa cour miniature et ses ministres sans portefeuille.

 

Il y décède le 24 Novembre 1808.

 

PLAQUE RUE

Par délibération du conseil municipal de Lyon en date du 28 Mai 1824 (approuvée par le Préfet le 9 Juillet de la même année), il est décidé de donner à une rue de Lyon (1er arrondissement) le nom de Jacques Imbert-Colomès, rendant ainsi hommage à Imbert-Colomès en le proposant à la mémoire des passants qui empruntent la rue portant ce nom.

 

DOMAINE IMBERT A MIONS

Il était composé de 2 magnaneries appelées « la vieille et la nouvelle magnognière ».

Magnanerie : du provençal « magnan » qui veut dire « ver à soie« . Bâtiment destiné à l’élevage des vers à soie (cf. sériciculture). Il faut dire qu’au XVIIIème, la plaine de Mions est recouverte de mûriers blancs dont les feuilles nourrissent les vers à soie (chenilles du papillon appelé bombyx) dont le fil des cocons est  nécessaire à l’activité grandissante des soyeux lyonnais.

Seul vestige au centre du village de Mions : la glacière (taupinière prolongée par une pièce rectangulaire où l‘on devait déposer les aliments. A proximité se trouvait une boutasse qui permettait l’hiver de débiter des blocs de glace,  entassés dans cette glacière, ils se conservaient jusquà lété).

En outre, cette mare glacée permettait aux Miolands de patiner, en patois de « grassolô à Machimbo » ; Machimbo

désignait Monsieur Imbert-Colomès.

Suite à l’exil d’IMBERT-COLOMES, les miolands s’approprièrent son terroir à travers la vente des biens nationaux à partir d‘Octobre 1793.

 

POURQUOI IMBERT-COLOMES ?

Très longtemps affublé du sobriquet « cadet » pour le distinguer de son ainé Isaïe,

Une fois marié, dès que cela était possible, il préférait ajouter le nom de sa femme au sien pour le distinguer des autres membres de sa famille IMBERT. Pourtant son frère décède en 1779, le « cadet » n’a plus lieu d’être. C’est à partir de 1786 qu’il utilisa systématiquement le nom d’IMBERT-COLOMES, peut-être dans le but de « relever » le nom de sa femme (décédée à 32 ans) dont les proches parents avaient disparu.

 

 

Sa Généalogie

 

Jean IMBERT                     marié à      Françoise BOUCHARLAT                                (*) fille de Jacques SOUBRY

marchand passementier                         c’est elle qui possédait                                              commerce de dorures  et galons d’or et d’argent - boutique sur le pont de pierre du côté St Nizier

                                                            la propriété de Mions                                                avec son associé le sieur Descombes                                                 

                                                                                                                                            décédé en 1740

René IMBERT                    marié à Françoise SOUBRY (*)         Autres enfants que Jacques :

- Jean Isaïe (garçon, aîné de Jacques), échevin de Lyon en 1778, mort en 1779 marié à Marie Reynaud (8 enfants)

- Françoise mariée à Lyon en 1740 avec noble Jean Guerin de Colonge

- Catherine mariée à Lyon en 1746 avec Maurice Giraud

- Marie-Anne qui fut religieuse

- Une autre Françoise mariée à Lyon en 1752 avec Pierre de Jouvencel, chevalier (décédé en 1779) ; décédée en 1766 à 38 ans (6 enfants)

- Marie qui fut religieuse

 

Jacques IMBERT                                              marié à Mions à                  Catherine Victoire COLOMES

baptisé le 3/11/1729                                               en 1764                         "rappelée à Dieu le 1/12/1780"

paroisse St Pierre et St Saturnin

à Lyon

 

SA DESCENDANCE :

1 - Marie-Françoise-Victoire IMBERT baptisée le 21 Mai 1766 (paroisse St Pierre à Lyon) (qui a vécu une idylle avec le musicien Muzio Clementi en 1784  à laquelle Jacques Imbert-Colomès s'opposa et qui fut l'objet d'une inspiration pour le grand compositeur parti en exil en Suisse)

mariée à Mions le 24 Juin 1788    le mariage est béni par Louis Bruisset, prêtre conventuel de l’ordre de Malte, assisté du curé Messire Normand.

avec noble Guillaume MAREST de SAINT-PIERRE, avocat roannais installé à Lyon, seigneur de la paroisse St Pierre de Noailles. Veuve (Guillaume MAREST de SAINT-PIERRE de santé fragile est décédé en exil à Nuremberg) en 1800,  remariée en 1806 au Comte de MONTRICHARD, ancien page de la reine Marie-Antoinette, ancien émigré dans l'armée de Condé  (il fut nommé sous-préfet de Villefranche en hommage à IMBERT-COLOMES) ® pas de descendance

2 - Antoine-Jacques IMBERT baptisé le 1/01/1768 (paroisse St Pierre & St Saturnin à Lyon), décédé en 1781

 
3 - Catherine-Sophie IMBERT baptisée le 12 Juin 1769 à Lyon, mariée à Mions le 1er Octobre 1790 avec M. LABITANT, conseiller du roi et trésorier de France à Grenoble descendance de Catherine-Sophie IMBERT mariée à M. LABITANT :

- Léonie LABITANT née le 13/11/1804 à Lyon

mariée le 27/08/1823 à Lyon à Charles de RIVERIEULX de CHAMBOST, Comte de Chambost

4 - Jean-Isaïe IMBERT, baptisé le 17 Mars 1777 à Lyon, décédé sans postérité

 

 

Sources :

- Registres paroissiaux et état civil de Mions

- Evocations nov - déc 1971 page 76 par J. SIBUET

- La vie agitée dImbert-Colomès par Robert POIDEBARD paru en 1942 aux éditions AUDIN

- Lidentité politique de Lyon entre violences collectives et mémoires des élites (1786-1905) de Bruno BENOIT, historien

- Lyon pendant la révolution par Albert Champdor - éditions Albert Guillot

- Marie-Françoise-Victoire Imbert-Colomès, Tribulations d'une Lyonnaise à travers la Révolution, Lyon, Librairie ancienne Louis Brun, 1911

Recherches Florance Suppot

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